Dans le cadre des activités marquant la célébration de la Journée internationale de la femme, la région de l’Est a abrité une importante rencontre consacrée à la promotion de l’inclusion des femmes dans les mécanismes de gouvernance locale.

L’initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du Projet Gouvernance Locale et Communautés Résilientes (PROLOG), programme structurant placé sous la tutelle du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local.

Coordonnée par le coordonnateur régional du PROLOG pour l’Est, M. Alexandre Atangana, et présidée par le délégué régional du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local, M. Bentep Georges, cette rencontre a mobilisé un large éventail d’acteurs institutionnels et communautaires. Des femmes issues d’associations venues de 23 arrondissements sur les 33 que compte la région de l’Est, des représentants des administrations publiques, des organisations de la société civile ainsi que des responsables des collectivités territoriales décentralisées ont pris part aux travaux.

Placée sous la forme d’une table ronde thématique, la rencontre s’est articulée autour du thème : « Femme et gouvernance locale : enjeux, défis et perspectives ». L’objectif consistait à analyser les facteurs socioculturels et institutionnels qui freinent encore la pleine participation des femmes dans les instances locales de décision, tout en identifiant des leviers susceptibles de favoriser leur implication effective dans les politiques de développement territorial.

Les échanges ont été enrichis par plusieurs communications techniques présentées par les responsables des services déconcentrés de l’État. Le représentant du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a mis en lumière les pesanteurs socioculturelles qui continuent de limiter l’accès des femmes aux sphères décisionnelles locales. De son côté, la représentante du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique s’est appesantie sur les contraintes institutionnelles et structurelles qui entravent leur participation effective dans les mécanismes de gouvernance locale.

Pour sa part, le représentant du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire a insisté sur les retombées socio-économiques de l’inclusion des femmes, soulignant que leur participation accrue constitue un facteur déterminant pour la consolidation du développement local, la cohésion sociale et la résilience communautaire.

Clôturant cette série d’exposés, le représentant du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local a présenté l’architecture stratégique du PROLOG, programme institué par décret du Premier ministre portant création et organisation du projet, dans le cadre de la politique gouvernementale d’approfondissement de la décentralisation. Il a notamment rappelé que ce dispositif s’inscrit dans la dynamique impulsée par la loi n°2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, qui consacre la participation citoyenne comme principe fondamental de la gouvernance locale.

Dans cette perspective, un accent particulier a été mis sur le mécanisme de gestion des plaintes du projet, présenté par l’Expert en sauvegarde sociale de l’Unité de coordination régionale-Est. Cet instrument vise à garantir transparence, redevabilité et dialogue permanent entre les institutions publiques et les communautés bénéficiaires.

Au-delà des échanges institutionnels, la rencontre a également été marquée par quatre jours d’ateliers pratiques de renforcement des capacités, organisés au parc Sembe Lecco à Bertoua. Ces sessions ont permis à des femmes issues des Comités de villages et de quartiers de 23 communes de la région d’être formées à diverses activités génératrices de revenus, notamment la fabrication de savons de ménage et de savons liquides, la production d’eau de javel, la pâtisserie et la teinture de tissus.

À travers ces initiatives, le PROLOG entend consolider une gouvernance locale inclusive et participative, dans laquelle les femmes occupent une place de choix dans les processus décisionnels et les dynamiques de développement communautaire.

Au terme des travaux, les participants ont unanimement réaffirmé la nécessité de lever les entraves socioculturelles et institutionnelles afin de favoriser l’émergence d’une gouvernance territoriale plus équitable et plus résiliente, où l’implication des femmes constitue un levier stratégique pour le développement durable des collectivités locales.
Par Charles Didier RAMUS journaliste/ reporter pour Actualités de l’Est.