Rentrée parlementaire au Sénat.

L’ambiance était lourde de solennité et d’enjeux ce mardi à l’Hémicycle du Conseil Économique et Social de Yaoundé. L’ouverture de la deuxième session ordinaire du Sénat n’était pas une simple formalité législative : elle a marqué un tournant politique majeur. Face aux crises et aux attentes d’un peuple impatient, le Président du Sénat, S.M. Aboubakary Abdoulaye, a sonné le tocsin de la responsabilité collective et de l’action concrète.

L’ombre des titans : Une page de l’histoire parlementaire se tourne
Avant d’ouvrir les chantiers législatifs, l’institution a dû regarder son histoire en face. Cette rentrée s’est faite sous l’ombre portée de disparitions massives qui rebattent les cartes du paysage politique camerounais.

Dans un silence lourd de respect, Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye a rendu un vibrant hommage aux figures de proue de la République décédées durant l’intercession :
Le Sénateur Marcel Niat Njifenji, Président Émérite du Sénat ;
Chief Tabetando Ndieb Nso, Vice-Président du Sénat ;
L’honorable Cavaye Yeguié Djibril, figure historique et ancien Président de l’Assemblée nationale.

En saluant la mémoire de ces serviteurs de l’État, le Président du Sénat a tacitement rappelé aux parlementaires actuels le poids de l’héritage qu’ils portent désormais sur leurs épaules.
L’Unité Nationale comme bouclier
Au lendemain de la Fête nationale, le message du perchoir a été d’une clarté limpide : face aux vents de division, la cohésion nationale reste la priorité absolue. Pour le Président de la chambre haute, l’unité n’est pas un concept abstrait, mais le socle non négociable de la paix, de la stabilité et du développement économique du Cameroun. « Le Sénat doit demeurer pleinement mobilisé pour accompagner les politiques publiques et contribuer au renforcement de la paix, de l’unité nationale et du développement du pays. » S.M. Aboubakary Abdoulaye, Président du Sénat
Le front socio-économique : Haro sur la vie chère et le déficit d’infrastructures
Mais le cœur du réacteur de cette session sera indéniablement économique et social. Aboubakary Abdoulaye a fermement recadré les débats à venir en exigeant des réponses fortes et immédiates aux urgences du quotidien qui asphyxient les populations.

Le cahier des charges imposé pour les débats budgétaires à venir s’articule autour de priorités vitales : «Domaines d’action urgents, Pouvoir d’achat, Infrastructures de base, Services sociaux, Gouvernance & Économie»
Le Gouvernement sous surveillance
L’appel du Sénat résonne comme une mise en garde polie mais ferme à l’endroit de l’exécutif. En demandant expressément d’octroyer davantage de moyens aux collectivités territoriales décentralisées, le Sénat se positionne en défenseur de l’efficacité locale.

Les travaux de cette deuxième session ordinaire sont ouverts. Les sénateurs sont désormais installés au centre du jeu politique, avec l’obligation de transformer les discours d’unité en textes de lois capables de soulager le quotidien des Camerounais. Les semaines à venir s’annoncent denses, électriques et décisives.
Par Bossis EBO’O