🟢 « 𝙻𝚎 𝙽𝚢𝚘𝚗𝚐 𝚜𝚘𝚞𝚏𝚏𝚛𝚎, 𝚕𝚎 𝙽𝚢𝚘𝚗𝚐 𝚜’𝚊𝚏𝚏𝚊𝚒𝚋𝚕𝚒𝚝. 𝙲’𝚎𝚜𝚝 𝚞𝚗 𝚙𝚊𝚝𝚒𝚎𝚗𝚝 𝚎𝚗 𝚍é𝚝𝚛𝚎𝚜𝚜𝚎. » Le cri du cœur de Dieudonné Xavier Ateba, président du comité d’organisation de la CIFLEN 2026, a résonné lourdement ce mardi 16 juin au Club Les Bourgeois à Yaoundé. À un peu plus d’un mois de la Conférence Internationale sur le Fleuve Nyong, prévue du 20 au 24 juillet prochains au Palais des Congrès, l’heure n’est plus aux salamalecs. Deuxième plus long cours d’eau entièrement camerounais après la Sanaga, avec ses 690 kilomètres de course, le géant de nos forêts s’asphyxie en silence. Et si le sommet de juillet s’annonce comme celui de la dernière chance, c’est que l’urgence n’attend pas.
🟢𝙇’𝙀𝙨𝙩 𝙚𝙣 𝙥𝙧𝙚𝙢𝙞è𝙧𝙚 𝙡𝙞𝙜𝙣𝙚 𝙙𝙪 𝙙é𝙨𝙖𝙨𝙩𝙧𝙚
Si le déclin du fleuve inquiète à Yaoundé, c’est à l’Est qu’on commence à gratter le fond de la marmite. Né dans les forêts de l’Est, entre Abong-Mbang et Lomié, le Nyong est le poumon économique, social et nourricier de la région. À Atok ou Akonolinga, le constat est sans appel : le Kanga, ce poisson emblématique qui fait vivre des familles entières et remplit les marchés locaux, est en train de disparaître. Les pêcheurs rentrent les filets vides, et les commerçantes se retrouvent devant des étals déseperément nus.

Les scientifiques du dispositif de recherche Obs-Cameroon ont d’ailleurs posé des chiffres implacables sur cette agonie. Entre 1973 et 2018, la forêt non dégradée autour du bassin a reculé de 31,3 %. Ce vide vert a été immédiatement colonisé par une explosion de 222,8 % des routes et des constructions en béton, notamment dans le secteur de Mbalmayo. Sans arbres pour retenir la terre, l’érosion galopante bouche le lit du fleuve avec du sable. Résultat : le débit moyen annuel s’est effondré de 11,9 % à Mbalmayo et de 18,9 % à Olama. Plus grave encore, les débits minimums en saison sèche ont chuté de 31 %. Autrement dit, le fleuve se vide de son eau quand les populations en ont le plus besoin.
🟢𝙐𝙣 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙩 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙥𝙖𝙨𝙨𝙚𝙧 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙧𝙤𝙢𝙚𝙨𝙨𝙚𝙨 𝙖𝙪𝙭 𝙖𝙘𝙩𝙚𝙨
Face à ce diagnostic qui annonce des crises d’approvisionnement en eau potable sans précédent, les sceptiques croyaient le projet de sauvetage impossible. « Certains pensaient qu’il serait impossible de réunir autant d’acteurs aux intérêts différents », a rappelé Dieudonné Xavier Ateba. Les doutes sont pourtant levés : le parrainage du ministère de l’Environnement est scellé, le comité scientifique du Dr Onana Joseph est d’attaque, et le Forum des maires riverains se structure pour faire front.

L’appel est désormais lancé aux entreprises, sponsors et bailleurs internationaux. L’objectif des cinq jours de travaux en juillet ne sera pas de signer un énième rapport théorique pour meubler les étagères. Il s’agira d’obtenir des financements directs pour des projets de reforestation, de protection des zones humides et de réglementation de l’extraction de sable. Pour l’Est et pour le reste du pays, sauver le Nyong n’est plus une simple cause écologique : c’est une question de survie quotidienne. Les inscriptions restent ouvertes sur les plateformes de la CIFLEN.
Par 𝑹𝒖𝒔𝒔𝒆𝒍 𝒀𝒗𝒂𝒏 𝑾𝒂𝒎’𝒔