Dans l’échiquier complexe de la politique camerounaise, rares sont ceux qui parviennent à porter, avec une égale majesté, la toge de l’avocat, le sceptre du chef traditionnel et l’écharpe de parlementaire. Le Sénateur Nfor Tabetando Ndieb-Nso, figure de proue du Sud-Ouest, appartient à cette caste restreinte. Vice-président du Sénat et pilier du RDPC, cet homme de réseaux et de convictions incarne une passerelle vivante entre les aspirations profondes de la Manyu et la stabilité des institutions de Yaoundé.
L’Architecte du Droit et de l’Énergie
Tout commence en 1975. Jeune avocat ambitieux, il fonde Equity Chambers à Douala. En près de cinquante ans de barre, il a façonné une expertise qui fait autorité. Mais l’homme ne s’est pas enfermé dans les prétoires. Visionnaire, il a su pénétrer les secteurs stratégiques de l’économie en fondant EurOil Limited. Ce profil d’entrepreneur-juriste lui donne cette lecture pragmatique du développement qui manque souvent aux technocrates : pour lui, la politique est un outil de construction, au sens propre comme au figuré.
Le « Nfor » : Un Trône au Service de la Paix
Intronisé Chef suprême de Bachuo-Ntai en 1977, Tabetando n’est pas un chef de salon. Son autorité est ancrée dans la terre et le sacré. Ancien président de la Conférence des chefs traditionnels du Sud-Ouest (SWECC), il a su naviguer dans les eaux tumultueuses de la crise anglophone avec une ligne de conduite claire : la loyauté institutionnelle sans renier son identité. Sa voix, qui résonne dans les forêts de la Manyu comme dans l’hémicycle du Palais des Congrès, prône une intégration nationale où le respect des racines est le socle de l’unité.
Le Gardien du Temple RDPC
Au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), Nfor Tabetando est plus qu’un cadre ; c’est un mobilisateur. Membre titulaire du Comité Central, il est le fer de lance du soutien au Président Paul Biya dans la zone anglophone. Son plaidoyer actuel pour le bitumage des routes de la Manyu témoigne de sa méthode : transformer la fidélité politique en dividendes de développement pour ses populations.
La Foi et l’Héritage
L’homme d’État est aussi un homme de foi. Sa bénédiction papale n’est pas un simple décorum, mais le fruit d’un investissement personnel massif dans l’éducation et les infrastructures religieuses. Du Petit Séminaire John Henry Newman à la Cathédrale de Mamfé, ses actions philanthropiques dessinent le portrait d’un humaniste qui prépare l’avenir des jeunes générations.
En somme, Nfor Tabetando Ndieb-Nso reste ce “男孩 digne” (garçon décent) devenu patriarche, un stratège qui, à 75 ans, continue de prouver que la politique, lorsqu’elle est portée par la tradition et le droit, reste le plus noble des services rendus à la Nation.
Par Bossis EBO’O